Economie sociale d'insertion

L'économie sociale d'insertion rassemble toutes les entreprises et organisations  qui, dans l’économie sociale, ont pour objectif est de (ré)intégrer, sur le marché du travail et dans la société en général, des personnes qui en sont largement exclues (chômeurs de longue durée, personnes peu qualifiées, anciens détenus ou toxicomanes, bénéficiaires du minimex,…).

L'économie sociale d'insertion représente donc un sous-ensemble de l'économie sociale. Ce sous-ensemble transcende la distinction marchand/non-marchand (voir ci-après) puisqu’il couvre des initiatives développant des activités tantôt très non marchandes (formation par exemple), tantôt très commerciales (ventes sur des marchés concurrentiels), tantôt encore combinant les deux pôles.

L'économie sociale d'insertion rassemble divers types d'initiatives [1] : entreprises de formation par le travail, ou EFT (appelées "ateliers de formation par le travail", ou AFT, à Bruxelles) ; entreprises de travail adapté, ou ETA (anciennement "ateliers protégés") ; entreprises d'insertion, ou EI , et initiatives locales de développement de l'emploi, ou ILDE, à Bruxelles. Notons un développement qui s’est amplifié récemment : de nombreuses initiatives d'insertion, surtout dans le cadre du système des titres-services[2], sont désormais initiées par des entités publiques (Agences locales pour l'emploi, Centres publics d'aide sociale,…) mais sont par ailleurs semblables à bien des égards aux organisations de même type mais d'initiative privée. Il faut donc se garder de tracer des frontières trop nettes entre l’économie sociale d’insertion et  cette nouvelle "économie publique d’insertion".

 


[1] Les initiatives d'insertion sont de compétence régionale. Nous énumérons ici les types d'entreprises sociales reconnus en Wallonie et à Bruxelles. Du côté flamand, on retrouve également des invoegbedrijven (entreprises d'insertion) et des beschutte werkplaatsen (ateliers protégés). Les initiatives d'insertion flmandes incluent en outre les arbeidzorgcentra (centres de soins par le travail) et les sociale werkplaatsen (ateliers sociaux), qui ont la particularité de proposer un travail dans un cadre protégé à des personnes valides mais particulièrement défavorisées.

[2] Le titre-service est une sorte de chèque qu'un particulier échange contre une heure de travail. L'employeur utilise le titre qu'il a ainsi acquis comme un droit de tirage sur la société émettrice des titres. Le dispositif des titres-services vise à extraire des services de la sphère du travail au noir et du travail en ALE (Agences locales pour l'emploi), et à favoriser le développement de services et d'emplois de proximité.